VMRVALTHERISMEDIEVAL ROLEPLAY
V — Valtheris

Valtheris Medieval Roleplay

CHRONIQUES DE VALTHERIS

L’Âge des Couronnes

1460 · Là où la diplomatie s’arrête, les légendes commencent.

« Lorsque la lune portera la couleur du sang, ceux qui dormaient recommenceront à marcher parmi les vivants. »

L’Âge des Couronnes — 1460

L’année 1460 marque une époque où les royaumes ne connaissent ni paix véritable, ni guerre éternelle. Les frontières changent au rythme des batailles, des mariages politiques et des trahisons. Des armées peuvent s’affronter durant des mois avant que leurs souverains ne partagent, quelques semaines plus tard, la même table pour négocier un traité.

À Valtheris, une couronne ne se conserve pas uniquement avec une épée. Elle se conserve par la peur, l’or, les alliances et les secrets.

Depuis plusieurs générations, les grandes puissances se disputent les terres fertiles, les mines, les routes marchandes et les anciennes forteresses abandonnées. Des familles entières se sont élevées grâce à la guerre, tandis que d’autres ont disparu après une seule mauvaise décision politique.

Mais en 1460, quelque chose change.

Pour la première fois depuis longtemps, les hommes commencent à comprendre que leurs guerres pourraient bientôt devenir insignifiantes face à ce qui s’éveille dans l’ombre.

I — L’ÂGE DES ROYAUMES

Valtheris est une terre divisée.

Chaque royaume possède ses propres traditions, ses propres lois et sa propre vision du pouvoir. Les frontières sont protégées par des chevaliers, des garnisons et des forteresses construites au cours de plusieurs siècles de conflits.

La guerre reste un outil politique parfaitement accepté.

Une frontière contestée peut provoquer une campagne militaire. Une famille noble assassinée peut entraîner plusieurs années de représailles. Une route commerciale bloquée peut suffire à faire marcher des centaines d’hommes.

Mais aucune couronne ne peut survivre uniquement par la force.

Les souverains utilisent également la diplomatie.

Des mariages sont organisés entre familles nobles. Des princes sont envoyés dans des cours étrangères pour négocier des alliances. Des ambassadeurs traversent les frontières avec des propositions de paix, des menaces à peine dissimulées ou des coffres remplis d’or.

Certains royaumes sont officiellement alliés alors que leurs espions travaillent déjà à préparer leur chute.

Une poignée de main peut empêcher une guerre.

Elle peut également être le commencement d’une trahison.

II — ELDORIA

Parmi les grandes puissances de Valtheris se trouve Eldoria, royaume de traditions, d’honneur et de noblesse.

Ses terres sont marquées par de vastes campagnes, de grandes cités fortifiées et des routes commerciales protégées par les chevaliers de la Couronne.

La société eldoriane repose profondément sur la hiérarchie.

Au sommet se trouve la famille royale, entourée du Conseil et des plus grandes familles nobles. Sous eux servent les commandants, chevaliers, artisans, marchands et citoyens qui constituent la force du royaume.

La Chevalerie d’Eldoria est l’une des institutions les plus respectées du territoire.

Être chevalier ne signifie pas simplement savoir manier une arme. Un chevalier représente la Couronne, protège ses terres et doit être prêt à mourir pour ceux qu’il a juré de défendre.

Mais derrière l’image d’un royaume noble se cachent également ambitions, complots et rivalités.

Les familles les plus puissantes cherchent constamment à étendre leur influence.

Certains rêvent de servir le Roi.

D’autres rêvent secrètement de prendre sa place.

III — VARKHEIM

Plus au nord s’étend Varkheim, un royaume forgé par les guerres et les conditions difficiles.

Là où Eldoria accorde une grande importance aux traditions de cour, Varkheim respecte avant tout la force, la discipline et la loyauté.

Ses forteresses dominent les montagnes et les routes permettant de traverser ses territoires sont étroitement surveillées.

Les générations de conflits ont profondément marqué le royaume.

Chaque famille possède l’histoire d’un ancêtre mort lors d’un siège, d’une bataille ou d’une expédition militaire.

À Varkheim, la faiblesse d’un souverain peut être plus dangereuse qu’une armée ennemie.

Le royaume possède donc une tradition militaire profondément enracinée. Les soldats sont entraînés jeunes, les chevaliers sont respectés et les commandants possèdent une influence considérable sur les décisions politiques.

Pourtant, Varkheim comprend également l’importance de la diplomatie.

Car même le plus puissant royaume finit par manquer d’hommes lorsqu’il combat trop de guerres à la fois.

Ainsi, Eldoria et Varkheim alternent depuis des décennies entre affrontements, périodes de paix, alliances temporaires et tensions diplomatiques.

En 1460, aucune guerre totale n’oppose encore les deux puissances.

Mais personne ne croit réellement que cette paix durera éternellement.

IV — LES HOMMES QUI NE PORTENT PAS DE COURONNE

Entre les grandes puissances vivent ceux que les chroniques mentionnent rarement.

Les paysans cultivent les terres qui permettent aux armées de marcher.

Les forgerons travaillent jour et nuit pour fabriquer outils, armures et armes.

Les marchands traversent les frontières en transportant nourriture, tissus, minerais et informations.

Les mercenaires vendent leurs épées au plus offrant.

Certains deviennent riches.

Certains deviennent célèbres.

La plupart meurent sans jamais apparaître dans les livres d’histoire.

Dans les tavernes, les citoyens discutent des décisions des souverains, des nouvelles taxes, des guerres possibles et des rumeurs rapportées par les voyageurs.

Mais depuis quelques mois, les conversations commencent à changer.

On parle moins des frontières.

Moins des guerres.

Et davantage de ce qui se passe lorsque le soleil disparaît.

V — LES PREMIÈRES DISPARITIONS

Au commencement, personne n’y accorda réellement d’importance.

Un marchand ne rejoignit jamais la ville qu’il devait atteindre.

Deux chasseurs disparurent dans une forêt.

Une jeune femme ne rentra jamais chez elle après avoir quitté une taverne à la tombée de la nuit.

Dans un territoire constamment marqué par le banditisme, les guerres et les animaux sauvages, ce genre d’événement n’avait rien d’exceptionnel.

Puis les disparitions devinrent plus nombreuses.

Toujours loin des grandes routes.

Toujours durant la nuit.

Et surtout, certains disparus commencèrent à être retrouvés.

Leurs corps présentaient quelque chose que les médecins du royaume ne savaient pas expliquer.

Ils n’avaient presque aucune blessure visible.

Leurs vêtements étaient parfois parfaitement intacts.

Aucun signe d’un long combat.

Pourtant, leurs visages étaient pâles comme la pierre.

Et lorsque les premiers médecins ouvrirent les corps pour comprendre la cause de leur mort, ils découvrirent quelque chose d’impossible.

Presque plus aucune trace de sang.

VI — LES CORPS BLANCS

Le phénomène reçut rapidement un nom parmi la population :

les Corps Blancs.

Personne ne savait exactement ce qui les provoquait.

Certains accusaient des assassins utilisant une nouvelle méthode.

D’autres parlaient d’un poison.

Les plus religieux évoquaient une punition divine.

Les soldats, eux, cherchaient une explication plus simple.

Des bandits.

Des cultistes.

Des criminels particulièrement cruels.

Mais une question revenait constamment.

Pourquoi personne ne retrouvait de sang autour des victimes ?

Aucune mare.

Aucune traînée.

Aucun récipient.

Rien.

Comme si quelque chose avait retiré le sang directement de leurs corps.

Les autorités commencèrent à demander aux médecins de garder leurs conclusions secrètes.

Il fallait éviter la panique.

Pendant quelques semaines, cela fonctionna.

Puis un charnier fut découvert.

VII — LE CHARBONNIER DE GREYWOOD

Dans une forêt isolée, un charbonnier trouva plusieurs corps entassés dans les ruines d’une ancienne chapelle.

Onze personnes.

Hommes.

Femmes.

Un enfant.

Tous présentaient les mêmes caractéristiques.

Une peau extrêmement pâle.

Aucune véritable blessure mortelle.

Et presque aucun sang.

Mais cette fois, quelque chose d’autre fut découvert.

Sur certains corps se trouvaient deux petites perforations, très proches l’une de l’autre.

Les autorités interdirent immédiatement l’accès à la chapelle.

Le charbonnier fut interrogé pendant plusieurs jours.

Puis il disparut.

Officiellement, il avait quitté la région.

Personne ne retrouva jamais sa trace.

VIII — LES PRÉSAGES

Durant les mois qui suivirent, des phénomènes étranges commencèrent à être rapportés dans plusieurs territoires.

Des chevaux refusaient soudainement d’avancer sur certaines routes après la tombée de la nuit.

Des chiens hurlaient pendant des heures en regardant des maisons abandonnées.

Des habitants affirmaient apercevoir des silhouettes parfaitement immobiles entre les arbres.

Dans certains villages, des habitants retrouvèrent leurs portes ouvertes au matin alors qu’ils étaient certains de les avoir verrouillées.

Des prêtres rapportèrent également des événements inquiétants.

Des symboles anciens furent retrouvés gravés sous certaines églises.

Des tombes furent ouvertes.

Et plusieurs cadavres disparurent de cimetières sans qu’aucune trace de pelle ou de déplacement de terre ne soit découverte.

Dans certaines régions, on commença à fermer les portes des villes avant même le coucher du soleil.

IX — LA NUIT DES TREIZE CLOCHES

Le véritable basculement eut lieu durant une nuit qui sera plus tard appelée :

La Nuit des Treize Cloches

Dans une petite cité frontalière, les habitants furent réveillés au milieu de la nuit par les cloches de l’église.

Treize coups.

Personne ne les avait actionnées.

Lorsque les gardes arrivèrent dans le bâtiment, ils découvrirent le prêtre mort devant l’autel.

Quelques rues plus loin, six autres personnes avaient disparu.

Le lendemain matin, trois d’entre elles furent retrouvées à l’extérieur des murailles.

Pâles.

Vidées.

La quatrième fut découverte plusieurs jours plus tard.

Mais contrairement aux autres...

elle était encore en vie.

Durant plusieurs heures, elle resta incapable de parler.

Puis, juste avant de mourir, elle prononça quelques mots.

« Ils étaient déjà parmi nous. »

Personne ne comprit ce qu’elle voulait dire.

Les autorités ordonnèrent que son témoignage ne soit jamais rendu public.

Il le fut malgré tout.

X — LA PEUR ENTRE DANS LES COURS ROYALES

Les souverains ne pouvaient désormais plus ignorer les événements.

Des rapports provenant de régions totalement différentes décrivaient exactement les mêmes morts.

Les mêmes corps.

Les mêmes disparitions.

Les mêmes traces.

Le plus inquiétant était ailleurs.

Certaines victimes appartenaient à la noblesse.

Un diplomate fut retrouvé mort dans ses appartements sans que personne n’ait forcé la porte.

Un officier disparut au milieu d’une forteresse pourtant gardée.

Un noble fut retrouvé dans sa chambre alors que deux gardes se trouvaient devant sa porte toute la nuit.

Aucun des deux n’avait entendu quoi que ce soit.

La question n’était désormais plus simplement :

« Qu’est-ce qui tue ces gens ? »

Elle devint :

« Jusqu’où cela peut-il entrer ? »

XI — LES MAGES

Les royaumes se tournèrent également vers ceux qui étudiaient depuis longtemps les phénomènes que les hommes ordinaires ne comprenaient pas.

Les Mages.

Pendant des générations, ils avaient étudié des manuscrits anciens, des phénomènes inexplicables et les forces invisibles qui parcouraient Valtheris.

La majorité refusait de donner une conclusion définitive.

Mais plusieurs Maîtres Mages commencèrent à consulter des textes que personne n’avait ouverts depuis plusieurs siècles.

Certains de ces ouvrages parlaient d’une période ancienne durant laquelle les hommes craignaient davantage la nuit que les armées ennemies.

Des pages avaient été arrachées.

Des passages volontairement effacés.

Et certaines créatures n’étaient jamais nommées directement.

À leur place apparaissait toujours la même expression :

« Ceux qui boivent la vie. »

Les Mages demandèrent davantage de temps pour étudier ces textes.

Quelques semaines plus tard, l’un d’entre eux disparut.

Son laboratoire fut retrouvé vide.

Sur son bureau se trouvait seulement une phrase écrite avec de l’encre noire :

« Ce ne sont pas des légendes. »

XII — LES MAGES OBSCURS

Mais tous ceux qui étudiaient ces phénomènes ne cherchaient pas à les arrêter.

Certaines personnes commencèrent au contraire à s’intéresser à cette force.

Des Mages bannis.

Des érudits interdits.

Des hommes obsédés par la mort et l’immortalité.

Ils fouillèrent les ruines.

Ils ouvrirent des tombeaux.

Ils recherchèrent des manuscrits interdits.

On commença à parler de Mages Obscurs, des individus prêts à sacrifier leur humanité pour accéder à des connaissances que même les plus grands Maîtres refusaient d’étudier.

Certains pensent qu’ils cherchent à contrôler ce qui rôde dans la nuit.

D’autres pensent qu’ils cherchent simplement à le rejoindre.

XIII — LA GUERRE QUI CONTINUE

Malgré tout cela, les royaumes continuent leurs conflits.

Les frontières restent disputées.

Les familles nobles continuent leurs complots.

Les marchands continuent de chercher le profit.

Les chevaliers continuent de mourir pour leurs souverains.

Eldoria surveille Varkheim.

Varkheim surveille Eldoria.

Chacun se demande si les événements peuvent être utilisés contre l’autre.

Certains nobles accusent même leurs ennemis d’être responsables des disparitions.

Car accepter qu’une menace inconnue existe réellement serait reconnaître quelque chose de bien plus terrifiant :

les hommes ne contrôlent peut-être plus Valtheris.

XIV — LES CHEVALIERS

Face à l’augmentation des incidents, les chevaliers reçoivent progressivement de nouvelles responsabilités.

Ils ne doivent plus seulement combattre les armées ennemies.

Ils escortent des voyageurs après la tombée de la nuit.

Ils enquêtent sur des disparitions.

Ils surveillent les cimetières.

Ils explorent des ruines abandonnées.

Certains reviennent.

D’autres disparaissent.

Des chevaliers expérimentés commencent à expliquer aux plus jeunes qu’il existe certaines choses qu’une épée ne suffit pas toujours à vaincre.

Une nouvelle doctrine commence à apparaître parmi les plus hauts rangs :

observer avant d’attaquer.

comprendre avant de poursuivre.

et savoir fuir lorsque quelque chose dépasse les capacités humaines.

XV — LES RUMEURS DU PEUPLE

Dans les tavernes, chacun possède désormais sa propre explication.

Certains prétendent qu’un démon est arrivé depuis les terres du Nord.

D’autres pensent qu’une ancienne famille maudite est revenue.

Des voyageurs racontent avoir rencontré des personnes dont les yeux semblaient presque rouges lorsqu’elles se tenaient dans l’obscurité.

Un paysan affirme avoir vu un homme tomber d’une falaise avant de se relever quelques instants plus tard.

Une femme assure que son mari disparu est revenu devant sa maison trois semaines après sa mort.

Elle ne lui ouvrit pas.

Le lendemain matin, elle avait disparu.

Personne ne sait quelles histoires sont vraies.

Mais plus personne ne rit lorsqu’elles sont racontées.

XVI — LE PRÉSAGE ROUGE

Puis arriva le phénomène qui transforma définitivement la peur en certitude.

Une nuit, la lune prit une couleur rouge sombre.

Les astronomes parlèrent d’un phénomène naturel.

Les religieux parlèrent d’un avertissement.

Les Mages refusèrent presque tous de commenter.

Cette même nuit, des dizaines de personnes disparurent dans plusieurs territoires de Valtheris.

Le lendemain, certaines furent retrouvées.

D’autres jamais.

Mais partout, les témoignages racontaient la même chose.

Des silhouettes dans les rues.

Des portes ouvertes.

Des cris extrêmement courts.

Puis le silence.

Dans une ancienne chronique conservée par une famille noble se trouvait une phrase écrite près de trois siècles auparavant :

« Lorsque la lune portera la couleur du sang, ceux qui dormaient recommenceront à marcher parmi les vivants. »

Depuis cette nuit, les autorités appellent cet événement :

Le Présage Rouge.

XVII — 1460 : LE COMMENCEMENT

Aujourd’hui, nous sommes en 1460.

Les royaumes continuent de s’affronter.

Les souverains négocient leurs alliances.

Les chevaliers protègent leurs terres.

Les Mages recherchent des réponses.

Les nobles complotent.

Les citoyens essayent simplement de survivre.

Mais lorsque le soleil disparaît derrière les murailles de Valtheris, une nouvelle règle commence à s’imposer.

Les routes se vident.

Les portes se ferment.

Les voyageurs cherchent un abri.

Et ceux qui entendent frapper à leur porte après minuit réfléchissent désormais longtemps avant d’ouvrir.

Car les corps retrouvés au lever du jour deviennent chaque semaine plus nombreux.

Et quelque part dans l’ombre, quelque chose observe les royaumes s’épuiser à se battre entre eux.

Quelque chose d’ancien.

Quelque chose qui n’a aucune bannière.

Aucune couronne.

Aucun royaume.

Et tandis que les hommes se demandent encore qui remportera la prochaine guerre...

ils n’ont pas encore compris qu’une guerre bien plus ancienne vient peut-être de recommencer.

VALTHERIS RP — 1460

Les hommes règnent par la guerre. Les Rois règnent par la diplomatie. Mais lorsque tombe la nuit, même les couronnes ferment leurs portes.